Construire un pays prospère et solidaire à long terme reste un projet d'envergure,
quasi à perpétuité. Pour en assurer la réalisation, un leadership durable est essentiel,
c’est à dire une direction soutenue tant sur l’étendue temporelle (ex. sept générations
et plus), que par la profondeur et la vision lucide, appuyées par un plan de stratégie
et de suivi de réalisation exprimant intentions, responsabilités, moyens et contrôles,
donc imputable, le tout rendu accessible aux citoyens par une plateforme technologique
interactive et sécure supportant une réelle démocratie citoyenne ainsi qu’une place
marché prospère de contenus et services en réseau ou virtuels.
La direction d’un tel projet ne peut être l’affaire d’un seul dirigeant ou gouvernement.
C’est plutôt une direction collaborative, dans la solidarité et la motivation commune,
mobilisant, concentrant et guidant optimalement les ressources. Un leadership réparti,
favorisant la collégialité et la transparence des prises de décision, visant l’atteinte
générale de consensus, intégré dans le projet commun d’assurer la prospérité et la
solidarité durables. Un leadership continu et sans relâche, afin de garantir le succès
vérifiable du pays.
Les fondements d’une direction effective s’expriment d'abord dans la pertinence, la
profondeur et la portée du plan stratégique, émanants des valeurs, de la vision et
du sens de la mission, ainsi que de la considération et de l'intégration de l’ensemble
des stratégies et aspects relatifs, dont ceux des volets économiques, politiques,
industriels, commerciaux, légaux, techniques, sociaux et autres. Ces fondements s’amplifient
ensuite dans la solidarité des responsables de la réalisation du plan, ainsi que par
leur capacité d'en communiquer la valeur à tous les intervenants et citoyens.
Alors que l'effectivité du leadership, se base sur un plan de stratégie et de suivi
de réalisation pertinent et intégré, c’est la communication et le partage aux intervenants
et citoyens qui initie la mobilisation, moteur de solidarité. Le ‘leadership’ n’est
ni la dictature ni le charisme. Il ne s’agit pas tant de diriger que de savoir inciter,
de motiver méthodiquement, par l’exemple, jusqu’à la réussite.
Pour aider à mieux comprendre la nature du leadership requis, il peut être intéressant
et utile de considérer certains modèles.
De tous les chefs et leaders, celui qui incarne peut-être plus le leadership effectif
pourrait être Ho Chi Minh, un fils d’esclave vietnamien, sous la domination française
en Indochine, un homme petit, simple, pauvre et modeste, qui, après avoir travaillé
dans la marine marchande et vécu dans plusieurs pays pour apprendre et laisser mûrir
l’amour de sa nation et son désir de la voir libre, comme les autres, a su, à son
retour, s’entourer des meilleurs éléments.
Représentant son pays à l’assemblée des nations à Paris, Roosevelt lui garantit l’autonomie
du Vietnam à la fin de la 2e guerre mondiale. Malheureusement Roosevelt décède pour
être remplacé par Truman qui, dans le cadre des accords de Yalta où les grands se
partagent le monde après la guerre, renie la parole de Roosevelt et renvoie le Vietnam
à l’esclavage de l’Indochine et des Français.
C’est alors que Ho Chi Minh a su articuler et partager son plan de réalisation de
pays, réunir son peuple en famine et désarmé pour réussir à expulser les Français
définitivement.
Ça n’a cependant pas suffit puisque c’est alors que les Américains, plus grande puissance
militaire de l’histoire humaine, ont voulu prendre la relève des Français et en finir
avec cette petite nation affamée et désarmée.
C’était bien sûr sans compter sur la résilience, l’ingéniosité et la détermination
du peuple vietnamien, qui, faute d’alternative, ne disposait d’autre espace de vie
que son propre territoire.
Ce n’est que par finesse, intelligence, patience, modestie, détermination et stratégie,
en douceur et en symbiose avec son peuple, que Ho Chi Minh a pu guider 100 millions
de Vietnamien à accepter pendant 25 ans, les tapis de napalm quotidiens, les bombes
à fragmentation, les lance-flammes, la cruauté sauvage de militaires américains éperdus
et les armes chimique dont l’Agent Orange, au prix de 6 millions de morts, de générations
d’enfants difformes et d’un environnement dévasté et toxique, pour finir par faire
regretter aux Américains leur ingérence téméraire et assurer la pleine autonomie de
son pays aujourd’hui reconstruit, florissant et prospère.
Ho Chi Minh avait un plan stratégique pour son pays. Il l’a suivi et il a su le partager
avec son entourage et son peuple entier. Décédé six ans avant la fin de la guerre
et la défaite américaine, il a pris soin de le rédiger et d’en faire son testament
à son peuple qui l’a suivi jusqu’à leur victoire et la reconstruction du pays.
Ho Chi Minh n’a jamais été militaire, il n’a jamais commandé, il a suggéré, guidé
et donné l’exemple en vivant lui-même dans la plus grande simplicité. C’était un intellectuel
intuitif et un sage, dont les réalisations dépassent celles de bien d’autres chefs
qui pourraient se considérer des grands ‘leaders’. Rendus au 21ème siècle, les Vietnamiens
ont leur autonomie bien en mains et leur nation prospère à un rythme accéléré.
Le point de départ du présent plan stratégique et de suivi de réalisation, pour la
nation, ne baigne pas dans des difficultés aussi grandes que celles auxquelles les
Vietnamiens et d’autres ont eu à se confronter, car le contexte est différent et peut-être
plus subtil alors que la portée est probablement plus étendue. Le leadership doit
se renouveler en continu et les champs d’action sont vastes et diversifiés.
Il n’y a qu’une façon effective de construire et faire avancer un pays. Le fondement
d’un pays, c’est la solidarité de ses citoyens contribuant à son épanouissement et
de ce fait à leur propre épanouissement, ainsi qu’à ceux de leurs descendants. Pas
une solidarité apparente ou non effective, mais une solidarité vraie, profonde, déterminée
en humilité sage, forte et basée sur des stratégies qui répondent aux aspirations
les plus profondes de la nation.
Il y a le leadership du pays, sans doute, et il y a aussi les leaderships dans tous
les domaines qui animent ce pays. Le pays doit aussi exercer lui-même un leadership,
par l’exemple, un leadership international dans tous les domaines. C’est bien la combinaison
de tous ces types et niveaux de leadership, à établir pour des générations, qui permet
d’assurer la prospérité et la solidarité durables.
Chaque forme ou niveau d’application du leadership peut nécessiter des stratégies
spécifiques dont certaines sont considérée ci-bas où, non seulement à travers chaque
stratégie l’état exerce son leadership, mais de plus cet exercice se reflète à l’international
et répercute le leadership du pays sur la communauté internationale, contribuant à
influencer et guider, simplement par l’exemple et la pratique, bien des nations et
ainsi contribuer à assurer la viabilité écologique de notre planète à très long terme.