En préambule, le document considère brièvement l’intention et le contexte qui amènent
le développement de ce plan de stratégie et de suivi de réalisation.
Ce plan de stratégie et de suivi de réalisation pour une société qui assure l’épanouissement
des générations dans la prospérité et la solidarité durables, applicable état par
état, ici adapté au Québec, présente une approche structurante, globale, fondamentale
et imputable.
Le Québec est proposé comme premier état d’implantation du plan à cause de son contexte
historique, politique et social, lui permettant ainsi d’assumer un leadership mondial
et de modèle pour l'ensemble des nations dans la transition vers un monde plus équitable,
prospère, solidaire et durable, vers une économie du savoir mieux répartie parce que
structurée en réseaux plutôt qu’en pyramides qui concentrent le pouvoir et l’avoir
vers une minorité d’exception.
Ce plan considère des facteurs économiques, technologiques, industriels, commerciaux,
fiscaux, écologiques, sociaux et culturels afin de proposer des priorités, infrastructures
et avenues de développement cohérents intégrant les efforts déjà amorcés pour le développement
durable, pour la démocratie citoyenne et pour l’économie du savoir.
Malgré une réduction de son rythme de croissance, la population humaine augmente et
approche un niveau de saturation relative sur la planète. Structurée sur le paradigme
de la pyramide hiérarchique, l'économie industrielle produit une extrême concentration
des richesses vers le sommet, soit dans les mains d'un nombre de plus en plus restreint
d'individus et d'organisations (ex. 0.1% à 1%).
La majorité de la population actuelle (ex. 99%) s'appauvrit progressivement. La production
agricole actuelle pourrait nourrir jusqu'à 12 milliards d'humains, mais, paradoxalement,
même déjà, avec presque 8 milliards d'habitants, plus du tiers souffre de la faim
et ce nombre est toujours croissant.
Les coûts astronomiques croissants associés au recyclage, à la dépollution planétaire,
ainsi qu'à la conversion industrielle nécessaire, hypothèquent sérieusement les générations
présentes et futures.
La concentration pyramidale de la richesse et du pouvoir présente d'autres effets
pervers importants dont, par exemple, la domination des marchés, la concentration
des entreprises et organisations, la réduction des options, produits et solutions
disponibles, l'uniformisation, la baisse de la qualité, l'obsolescence programmée,
la perte de flexibilité d'adaptation, l'imposition plus ou moins subtile de solutions
nocives à travers des astuces publicitaires et de mise en marché, l'abandon de solutions
répondant à des besoins bien réels parce que jugées moins rentables à court terme.
L'économie industrielle saturée maintient la maximisation des profits en sacrifiant
la qualité de vie et la vie même des populations ainsi que la viabilité de la planète
pour les prochaines générations.
La cupidité (désir immodéré de posséder) compétitive de l'économie industrielle prédominante
est directement responsable des changements climatiques anthropiques, de l'étalement
et de l'étouffement urbains, de la pollution de tous les milieux et éléments (ex.
air, eau, terre), de la disparition accélérée des espèces, de la perte de vie privée
et de sécurité, d'importantes crises sociales, de vagues migratoires économiques et
politiques, de l'endettement astronomique des états et des individus ainsi que leurs
faillites croissantes.
Pourtant, la saturation industrielle et ses effets pervers ne font que commencer puisque
nombre de nations "émergentes" comme la Chine et des pays d'Afrique, eux aussi invariablement
soumis au paradigme dominant de croissance, travaillent quasi fatidiquement vers la
saturation, sinon l'effondrement de leurs économies et environnements.
Sans changement structuré des infrastructures et paradigmes opérationnels, la concentration
industrielle suit son cours, accroissant l’accablement des peuples, générant frustrations,
crises et révoltes, conduisant inexorablement vers des guerres civiles et internationales.
Bon nombre croient même à la conspiration d'élite oligarchique, insensible aux sorts
du commun des mortels, programmant de facto d'importants conflits militaires qui amèneront
une diminution importante de la population humaine et une réinitialisation potentielle
de l'économie industrielle, sans se soucier de la détérioration importante et non
sans conséquence de l'environnement et de la qualité de vie de tous les êtres habitant
notre planète.
L'analyse et la compréhension des problématiques en jeu montrent que ce sont les fondements,
les valeurs fondamentales mêmes qui doivent être transformés. La cupidité compétitive
doit impérativement faire place à la solidarité collaborative parce que celle-ci est
beaucoup plus rentable à long terme et assurera la pérennité de l’humanité sur une
planète viable.
Pour réussir ce changement sans confrontation, des infrastructures et paradigmes nouveaux,
mieux adaptés et n'occasionnant pas les mêmes effets pervers, doivent s'implanter
progressivement, introduisant de nouvelles structures mieux équilibrées pour développer
une réelle économie de la connaissance et du savoir.
Imposer l'égalité socio-économique est un contresens, car qui imposerait à qui? Surtout
que, par définition, l'imposition reste un phénomène inéquitable. Ainsi, les voies
de solutions incitatives plutôt que coercitives sont prônées. La simple destruction
des richesses et empires industriels peut constituer un geste de vengeance ou de nivellement
par le bas, mais n'offrira pas de solution effective.
La destruction et la confrontation ne peuvent que contribuer à accélérer la régression
de l'économie industrielle, sans offrir de solutions alternatives valables. De nouvelles
structures mieux équilibrées, en réseaux, permettant une circulation, un partage et
une répartition plus justes, fluides et démocratiques des richesses et pouvoirs doivent
remplacer les structures hiérarchiques ou pyramidales si typiques de l'ère industrielle.
Pour assurer la prospérité et la solidarité durables de sa collectivité, la nation
s'inscrit résolument dans le développement de l'économie durable, génératrice de bénéfices
et avantages optimaux, pour le plus long terme envisageable, et même au-delà, avec
le plus vaste rayonnement, pour le plus grand nombre d'espèces et d'individus, dans
le plein respect de la nature et des ressources.